Le patrimoine, ce n’est pas seulement celui qu’on entretient dans les ports-musées ou que l’on conserve dans les belles salles du palais du Tocadéro. Ce n’est pas seulement ce qui navigue encore grâce aux restaurations de vieux gréements et aux reconstructions "à l’identique".
Ce livre met en valeur le patrimoine en liberté que sont les épaves, jonchant les grèves, ou reposant dans ce qu’on appelle les cimetières de bateaux. Certaines d’entre elles sont classées "monument historique", la plupart témoignent plus humblement du beau métier de charpentier de marine, rappellent les grandes heures de la pêche et du cabotage et fond partie d’un irremplaçable paysage. Une émotion particulière saisit le peintre, le photographe, l’écrivain, le promeneur, au spectacle de ces bateaux qui semblent dormir. En fait, ces Bateaux du grand silence sont des personnes. Elles se sont confiées aux auteurs Daniel Le Danvic et Roger Gicquel et les ont chargés de transmettre un message sur l’usure du temps qui laisse la mémoire bien vivante.