Ils étaient faits pour se rencontrer un jour, Gilles Servat le barde de la rivière d'Étel et Daniel Le Danvic le photographe d'origine lorientaise. Deux bourlingueurs par métier et par goût, deux artistes de l'aventure intérieure auxquels rien n'échappe de ce qui prouve la Bretagne, aucun paysage, aucune atmosphère, aucun regard de l'humanité rencontrée. L'un en fait des chants et des légendes, l'autre des images de grande sensibilité.
J'ignore si Daniel a lu ce propos de Gilles en admiration pour son pays d'adoption : " Je crois qu'il serait nécessaire de consacrer un livre au pays d'Auray ". Or ce qui séduisit d'abord le photographe ce fut la petite mer de Gâvres, tandis qu'à Locoal-Mendon les petites mers sont à touche-touche et Gilles n'en sait peut-être pas encore tous les mystères.
Aucun des deux ne me démentira si j'écris que c'est de leurs différences que les hommes vivent en harmonie. Voilà donc ensemble, pour un commun émerveillement tout en délicatesse, Gilles Servat célèbre pour ses chansons en breton comme en français et Daniel Le Danvic anonyme conducteur de train et photographe amateur à l'exigence tellement professionnelle.
Je les connais bien tous les deux : j'ai chanté avec Gilles, j'ai accompagné Daniel pour un livre sur les émouvantes épaves de bateaux de travail.
De très heureux moments. Leur livre en est un autre.
 
 
Roger GICQUEL